
Mounir Laggoune, cofondateur et CEO de Finary, ne publie aucun bulletin de paie. Aucune déclaration officielle ne détaille son salaire, ses dividendes ou la part exacte qu’il détient dans sa société. La question de ce que gagne vraiment le fondateur de Finary oblige donc à raisonner autrement : non pas en cherchant un chiffre unique, mais en identifiant les flux de revenus possibles et les leviers de valorisation qui structurent la rémunération d’un dirigeant de fintech en croissance.
Agrément MiCA et valeur de Finary : un actif en mutation
Finary a obtenu l’agrément européen MiCA délivré par l’AMF, ce qui lui permet de continuer à opérer légalement sur le marché crypto dans l’Union européenne après l’échéance du 1er juillet 2026. Très peu de plateformes ont franchi ce cap réglementaire. L’Agefi rapportait récemment que le couperet MiCA a provoqué des fermetures et des acquisitions forcées parmi les acteurs non conformes.
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Pour un fondateur-actionnaire, cette conformité a un effet direct : elle augmente la valorisation de l’entreprise en réduisant le risque réglementaire perçu par les investisseurs. Même sans connaître la part exacte détenue par Mounir Laggoune, on sait qu’un agrément de ce type rehausse mécaniquement la valeur du capital. Une analyse détaillée sur ce que gagne vraiment Mounir Laggoune permet de mieux situer ces enjeux patrimoniaux.

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Revenus du fondateur de Finary : les flux identifiables
La rémunération d’un CEO de startup ne se résume pas à un salaire mensuel. Plusieurs sources de revenus coexistent, et leur poids relatif varie selon la maturité de l’entreprise.
| Source de revenus | Nature | Visibilité publique |
|---|---|---|
| Salaire de dirigeant | Rémunération fixe versée par la SAS | Non publiée |
| Dividendes | Distribution sur bénéfices (si la société en génère) | Non publiée |
| Plus-value latente sur parts | Valorisation du capital détenu dans Finary | Estimable via les levées de fonds |
| Revenus d’auteur | Droits sur le livre « Investir pour être libre » | Partiellement publique |
| Revenus média | Podcast Finary, chaîne YouTube, chronique BFM Business | Indirecte (audience monétisable) |
Le livre « Investir pour être libre » revendique plus de 75 000 lecteurs selon les communications de l’éditeur. Les droits d’auteur constituent donc un flux complémentaire, distinct de la rémunération liée à Finary.
La chronique hebdomadaire sur BFM Business (« Tout pour investir ») et le podcast Finary ne génèrent pas forcément de revenus directs pour Mounir Laggoune en tant que personne physique. Leur valeur réside plutôt dans la visibilité qu’ils apportent à la plateforme, et donc dans l’acquisition d’utilisateurs.
Modèle économique de Finary : freemium, abonnement et crypto
Finary fonctionne sur un modèle freemium. La version gratuite de l’agrégateur de patrimoine attire une large base d’utilisateurs. Les comparatifs récents décrivent Finary comme le principal agrégateur de patrimoine en France.
Les revenus de la société proviennent de plusieurs canaux :
- L’abonnement Finary Plus, qui donne accès à des fonctionnalités avancées de gestion patrimoniale et de suivi budgétaire
- Les services liés à la crypto, désormais adossés à l’agrément MiCA, avec des commissions sur les transactions
- Les partenariats éventuels avec des acteurs financiers (assurance vie, courtiers), un modèle courant dans le secteur des fintechs patrimoniales
Plus la base d’abonnés payants croît, plus la valorisation de la société augmente, et avec elle la richesse patrimoniale du fondateur. C’est le mécanisme classique des startups technologiques : le dirigeant s’enrichit davantage par la montée en valeur de ses parts que par son salaire.
Salaire de CEO de startup en France : ce que disent les pratiques du marché
Les fondateurs de startups françaises en phase de croissance se versent généralement un salaire modéré par rapport aux dirigeants de grands groupes. Cette retenue est souvent une condition posée par les investisseurs lors des levées de fonds : limiter la rémunération fixe pour préserver la trésorerie.
Mounir Laggoune n’a jamais communiqué sur ce point. En revanche, la structure juridique de Finary (SAS) permet au président de choisir entre rémunération en salaire, dividendes, ou combinaison des deux, avec des implications fiscales et sociales différentes.

Le parcours de Laggoune, passé par l’incubateur HEC Paris avant de lancer Finary, correspond au profil type du fondateur qui privilégie la valorisation de ses parts sur le long terme. Dans ce schéma, le « vrai » gain ne se matérialise qu’au moment d’une cession partielle ou totale, ou d’une nouvelle levée de fonds qui réévalue le capital.
Patrimoine de Mounir Laggoune : ce qui est mesurable et ce qui ne l’est pas
Tenter de chiffrer la fortune de Mounir Laggoune sans accès aux comptes de la société ni à sa déclaration de patrimoine relève de la spéculation. Ce qu’on peut établir factuellement se résume à quelques éléments :
- Il détient une part du capital de Finary, dont la valorisation dépend des levées de fonds successives
- L’agrément MiCA obtenu par Finary renforce la pérennité et la valeur de cette participation
- Les droits d’auteur sur un livre vendu à plus de 75 000 exemplaires représentent un revenu annexe documenté
- Sa présence médiatique (YouTube, BFM Business, podcast) n’est pas directement monétisable à titre personnel mais alimente la croissance de Finary
La richesse d’un fondateur de fintech se mesure en valorisation de parts, pas en salaire. Tant que Finary reste une société non cotée, cette valorisation demeure une estimation, pas un montant encaissable. La distinction entre patrimoine latent et revenus réels est le point que la plupart des estimations en ligne négligent, alors qu’elle change radicalement la lecture de ce que « gagne » un entrepreneur de ce profil.